Young Jeezy “The Recession” @@@
La tournée de Young Jeezy en Europe durant le mois de Mars a été soudainement annulée. Motif : enregistrement de son troisième album, The Recession. Motivation, inspiration, maintenant la crise économique, un sujet très d’actualité qui hérisse les cranes peu chevelus des politiciens. En ce qui concerne ce nouveau disque de Jeezy, cet intitulé paraît justifié lorsqu’on scrute de près les crédits : cinq featurings (et pas un membre de son groupe USDA, de Rick Ross ou même un petit Lil Wayne), peu de chers producteurs en vogue mais on en compte quatorze différents (dont une grosse moitié d’anonymes),… Comparé à The Inspiration, son LP le plus mainstream à ce jour (mais qui a paradoxalement moins fonctionné que le premier), c’est carrément la restriction budgétaire. Qui a dit régression ?
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Cookin’ Soul “OJAYZIS - Jay-Z vs Oasis” @@@1/2
Le concert de Jay-Z à Glastonbury fut l’un des plus triomphal de sa vie. Cette prestation d’anthologie sur les terres de sa Majesté (à revivre sur le lien suivant) a littéralement effacé le bruit de fond de la polémique engendrée par le groupe rock Oasis. Les frères Gallagher ont été tout bonnement offensés et jaloux qu’un Américain, qui plus est un rappeur, leur chipe la tête d’affiche de ce grand festival britannique dédié au rock. Au cours de cette friction par déclarations médiatiques interposées, Chris Martin des Coldplay s’est permis de défendre Jigga, qu’il considère comme un des meilleurs artistes de notre génération. Pour que Jay-Z soit reconnu comme tel par un rockeur, cela sous-entend qu’il appartient à une autre planète. Et c’est vers cette destination que des milliers d’anglais ont suivi Jayhova, qui d’entrée à jeu a montré qu’il est venu en paix en interprétant « Wonderwall » d’Oasis, guitare en mains, avec cette rime : “That bloke from Oasis said I couldn’t play guitar, somebody should’ve told him I’m a fuckin’ ROCstar, today is gonna be the day that I’m gonna throw it back to you.” À la suite de quoi, il a annoncé qu’il serait éventuellement ouvert pour une collaboration si Noël lui offrait l’opportunité. Mais les espagnols de Cookin’ Soul n’ont pas attendu les probabilités que cette coopération puisse un jour se produire pour voir ce que le mélange Jay-Z vs Oasis pourrait donner.
Ice Cube “Raw Footage” @@@1/2
À 39 ans, Ice Cube est resté Ice Cube. Il a beau avoir sauvé le Président des Etats-Unis dans xXx2, joué dans des petits films comiques, quand cette figure légendaire du gangsta rap s’empare du micro, c’est toujours le gouvernement américain qu’il embrase avec son « pyrocastic flow ». Le nigga with attitude ne décolère pas, son rôle favori, c’est à coup sûr celui d’ennemi public, de menace pour la société. Il n’a pas changé son fusil d’épaule, constamment en joue et lourdement rechargé. Et malgré qu’il se soit assagi avec les années, son impertinence d’insoumis lui donne encore une image de rebel. Cube l’avait démontré deux ans auparavant avec le disque d’or de Laugh Now Cry Later qu’il était toujours dans le coup, emmenant avec lui dans sa foulée un rap westcoast de plus en plus restreint (sauf si on s’appelle Snoop Dogg ou The Game). Le vétéran originaire de Compton n’a cependant plus rien à prouver, sa discographie parle pour lui, mais il n’y a que lui, et lui seul, pour pouvoir aujourd’hui recadrer le gangsta rap, tâche qu’il tente d’accomplir avec Raw Footage, son 9e album solo, avec un discours social et politique très d’actualité moins des bangers comme ceux qui nous ont fait bouger sur Laugh Now Cry Later.
Daz Dillinger “Only on the Left Side” @@@@
On se plaint sans arrêt que le hip-hop Eastcoast peine à sortir la tête du raz-de-marée Dirty South depuis un moment. Mais on oublie presque souvent que la Westcoast non plus n’a pas été épargnée, actuellement se situant dans une période de désintéressement flagrant. Comptons ensemble le nombre de rappeurs de la Côte Ouest signés en maison de disque : Snoop Dogg et The Game chez Geffen, Problem, le petit nouveau signé chez Universal Republic, puis Murs chez Atlantic (mais il ne fait pas de rap westcoast à proprement parler),… Sans compter bien sûr Dr Dre dont on attend avec une patience extrême son Detox et son protégé Bishop Lamont prévus pour 2009 au train où vont les choses. Le passé demeure glorieux mais dans le présent, il ne reste qu’une poignée de têtes d’affiche.
Jusque fin 2006, Daz Dillinger se trouvait aussi dans cette situation puisqu’il était signé chez So So Def (distribué par EMI-Virgin), où il avait d’ailleurs sorti son fameux So So Gangsta avant de se faire évincer pour mauvais résultats de ventes. Très malin dans le business, il avait toutefois gardé un pied dans le milieu indépendant via ses sociétés DPG Recordz et Gangsta Advisory. Only on the Left Side a démarré son enregistrement tout de suite après son départ de major, encore a-t-il fallu qu’il galère pour trouver un distributeur. Entre temps, il sort le très passable Gangsta Party, pas pour redonner confiance si j’en crois les différents avis perçus. Mais après une signature expresse chez Fontana Music, petit label affilié à Universal Music (où a signé Killer Mike), Daz peut enfin sortir son 11e album et prouver que le DPG est là pour demeurer.
Strange Fruit Project presents S1 “Music Box” @@@@
Avec Illmind et Oddissee, S1 (autrement appelé Symbolic One) fait partie des producteurs underground que je chouchoute depuis environ deux ans, depuis que j’ai découvert avec émerveillement The Healing des Strange Fruit Project. Cet oiseau rare construit sa musique à cheval entre hip-hop et soul moderne, avec un aspect mélodique et travaillé, autant de qualités qui font de lui un talent pur. J’ai appris par hasard qu’il sortait un disque solo en furetant sur le myspace de Phonte, lorsque je me documentais sur l’EP Zo and Tigallo Love the 80s, il y avait dans le player le son « Callin’ Me » qui annonçait la sortie de Strange Fruit Project presents S1 : Music Box. Gros coup de coeur. En deux temps trois mouvements, l’album était sitôt commandé. Quand j’aime, je compte pas !
The Clipse presents The Re-Up Gang @@@1/2
Le développement du Re-Up Gang a été un long processus qui s’est échelonné en étapes progressives sur quatre années. Les Clipse ont lancé le mouvement par le biais de leur série de mixtapes We Got It 4 Cheap début 2004, jusqu’au troisième volume gratuit sorti en Février 2008 (hosté par DJ Drama), avec entre deux des formations remarquées sur le super-dope Hell Hath No Fury. Fin Avril 2008 est sorti en support physique et numérique The Saga Continues, une sorte de best-of de ces trois tapes contenant notamment leurs maxis « Pussy » et « Stuntin’ Y’all ». Maintenant, voici venir The Clipse presents the Re-Up Gang édité chez Koch Records, étape intermédiaire précédant le saut dans le grand bain avec l’album officiel du Re-Up et ‘Till The Basket Drops, le troisième album des Clipse, tous deux prévus pour 2009 chez la major Columbia.
HollyWeerd “Edible Phat” @@@@1/2
Mon gros coup de cœur de l’été. Encore une fois, c’est Big Ad de Streetblogger qui m’a conseillé ce ‘mixtalbum’ très spécial, contribuant à l’essor du mouvement hipster-hop aux States. Je l’ai écouté une première fois en streaming sur HipHopDX, et j’ai grave surkiffé. Donc, poussé par mon intérêt soudain, je vais pour visiter leur page myspace (la suivante : www.myspace.com/hollyweerd) et je vois écrit au-dessus de leur bio « click here to download ». Yes ! Presque par réflexe, je rapatrie leur tape digitale illico presto sur mon mac pour me le réécouter sans tarder.
J’en profite aussi pour lire les informations concernant ce groupe d’Atlanta, néoformé à la mi-Novembre 2007 par The Dreamer, Stago Lee, Tuki et The Love Crusaders, arborant un style de hip-hop d’un genre vraiment à part, quelque part situé en périphérie de la galaxie des Outkast, dans le système de Weirdo, pas loin du système des Sa-Ra Creative Partners. D’après ce que j’en lis, ils se qualifient eux-mêmes d’ultra-créatifs (autrement dit inclassables), en intégrant dans leur musique rap de la New Wave, des trucs Ghetto Tech Music… Bref, autant vous dire que c’est incroyablement original, space et funky fresh !
R Kelly “Twelve Play : 4th Quarter” (bootleg) @@@
Pour l’instant, appelons cela ‘un tas de chansons que vous n’avez jamais entendu auparavant’, pas le prochain album de R Kelly, 12 Play : 4th Quarter.
Plus d’une douzaine de titre inédits de R Kelly ont été diffusés sur le net ces derniers jours, où R annonce la sortie de son prochain disque sur quelques unes d’entre elles, laissant l’auditeur croire qu’elles seront incluses dans l’opus. Les comptines sont plus dans une veine r&b, avec plus de parties chantées et moins de hip-hop que sur son dernier album, Double Up.
Reks “Grey Hairs” @@@@1/2
On dit que c’est lorsqu’on commence à perdre espoir, que des choses inespérées peuvent se produire dans notre vie, au moment où l’on s’y attend le moins. Je me suis rappelé de cette réflexion lorsque j’ai découvert Grey Hairs de Reks. Cela faisait perpet’ que je n’avais pas écouté un album hip-hop Eastcoast de ce gabarit, il faut que je remonte au dernier Main Flow ou A Long Hot Summer de Masta Ace. Déjà, ce MC de Boston plutôt discret a reçu une très bonne notoriété à l’échelle underground pour son premier LP Along Came The Chosen en 2001, et le voilà qu’il revient sans en informer qui que ce soit sept ans plus tard avec ce deuxième solo produit en partie par le mixtape DJ Statik Selektah. C’est vrai que Grey Hairs semble arriver de nulle part pour, très rapidement à tour de critiques élogieuses et de nombreux avis favorables, se voir classer parmi les meilleures sorties de l’année. Et je ne dis pas ça parce que DJ Premier et Large Professor lâchent chacun une prod dessus ou parce qu’il est très bien coté par les reviews. Moi-même je n’en reviens pas. Son pote riverain Termanology (présent sur ce disque) a du souci à se faire avec ce concurrent imprévu. Le protégé de Primo que l’on voyait déjà comme le nouveau souffle du Hip Hop a intérêt à frapper fort en Septembre avec Politics As Usual.
Zo! And Tigallo “Love the 80’s” @@@@
“Qu’est-ce que tu fais pour les vacances ? Tu sais, je n’ai pas changé d’adresse…” Hum, je rigole héhé ! Cet été, j’ai décidé de revivre en chansons les années 80s mais pas avec David et Johnathan. Les grandes vacances sont généralement synonyme de fiestas au camping du coin, arrosées au pastis et animées par des disc-jockeys du Dimanche mixant les 45 tours de Cloclo à Indochine en passant inévitablement par la Disco de Boney M et Patrick Hernandez, les vieilleries exotiques comme la Compagnie Créole ou Franky Vincent… Le 7e pire cauchemar de l’estivant que je suis, déjà que je souffre suffisamment d’allergie aux beaufs comme ça durant l’année.
Au lieu de me faire du mal en imaginant ces scènes affreuses de vacanciers bourrés faisant la java tous les ans depuis 30 ans sur les mêmes tubes grillés, j’ai trouvé une occupation moins arriérée pour retourner en enfance sans avoir l’air d’un ringard. J’ai réussi à jeter ma paire d’oreilles sur Zo! And Tigallo Love the 80’s, un EP composé de 6 reprises de standards des années 80, pressé à 2500 unités (tous vendus à l’heure qu’il est) et réalisé par le chanteur Zo! et Phonte des Little Brother pour Hall of Justus.
Tech N9ne “Killer” @@@@
Fallait bien que je m’y mette un jour à écouter du Tech N9ne depuis le temps que je voyais des topics fleurir sur ce rappeur de Kansas City sur les forums hip-hop. Paraîtrait même qu’il entre dans le top5 des MC au flow le plus rapide de la galaxie, une capacité que je voulais vérifier par moi-même.
Ça tombe bien, il vient tout juste de sortir son 11e album (!), le double-CD Killer. Pourquoi j’ai choisi ce disque-là alors qu’il a peut-être deux, trois indispensables à son actif au sein de sa discographie bien remplie ? ben parce que j’aime bien la pochette humoristique à la Thriller, tout connement, et parce qu’en cumulant le total de ses ventes d’albums, il vient de dépasser le millionième exemplaire écoulé avec Killer. Ouep, j’aime bien les arguments chiffrés aussi, normal j’ai fait des stats.
Deux CDs, 32 titres, plus de deux heures d’écoute, presque autant de temps pour en rédiger une chronique qui résume l’ensemble en cinq paragraphes, un par section. Première information à vous fournir, la liste de producteurs : Matic Lee, Seven, David Sanders II, Wyshmaster et Youngfyre, très doués mais manquent de notoriété. Trois tendances instrumentales se démarquent sur cet LP. La première, la plus volumineuse, aux beats sudistes d’un genre particulier dira-t-on, souvent des up-tempos techniques aux synthétiseurs proéminents, une deuxième tendance privilégiant des mélodies de guitare sèche et une troisième dans un style original où l’on peut regrouper les délires gothiques, tribaux, rock,… bref, le reste quoi.
9th Wonder & Murs present “Sweet Lord” @@@1/2
Voici un très joli cadeau que nous offrent Murs et 9th Wonder : un album tout frais en téléchargement légal, disponible gratuitement sur leur site Internet www.mursand9thwonder.com. Youpi ! Quand je repense à leur presque-classique 3:16 The 9th Edition (difficilement trouvable sur le marché) et la claque de Murray’s Revenge, j’ai foncé direct sur l’occasion, libéré de cet espèce de sentiment de culpabilité de pirater une œuvre préparée avec soin et passion. Jusqu’à maintenant, 9th Wonder n’a jamais eu de meilleure complémentarité qu’avec Murs (en dehors des Little Brother j’entends), bien plus que l’alchimie avec Buckshot (The Formula est dope mais ne possède le facteur X). Peut-être que Jeanius de Jean Grae peut leur tenir la mesure, il faudra que je le réécoute plus en profondeur quand je recevrai le CD. En attendant le prochain album de Murs chez Warner, Murs for President, c’est avec exhaltation que je vais m’occuper des 10 titres en format mp3 que composent ce disque virtuel Sweet Lord.
Nas “Illmatic” @@@@@ (Hip Hop Classic)
Premiers pas dans le rap, premier album, premier classique. Un Classique parmi les classiques Hip Hop, il n’y a pas d’autres nobles mots qui existent pour définir ce chef d’oeuvre qu’est Illmatic. Ce véritable génie de la narration qu’est Nasir Jones alias Nas, a placé la barre vraiment très, très haut, avant même que Notorious BIG ou Jay-Z furent signés en major. Difficile de trouver qui à l’époque était en mesure de l’égaler, peut-être le maître de la rime Rakim d’un point de vue lyrical.
Ce monument né le 19 Avril 1994 dans les projects du Queens de Long Island n’aurait jamais pu voir le jour si MC Serch des 3rd Bass, son producteur éxécutif, ainsi que Kool G Rap, n’avaient pas fait un peu de forcing pour que le jeune surdoué de 20 ans puisse signer chez Columbia. Illmatic ne serait guère non plus cette Bible Eastcoast si les producteurs renommés de la Golden Era, à savoir les légendes vivantes que sont aujourd’hui DJ Premier, Large Professor, Q-Tip, L.E.S et Pete Rock, n’y avaient pas participé à sa création.
À sa sortie, cet album n’a pas réalisé des scores de ventes mirobolants (12e au Billboard 200), mais il a profondément marqué les rues new-yorkaises et les mentalités dans le rap de manière irréversible. Chose extraordinaire, The Source lui avait décerné suite à leur chronique un ‘5 mics’, la note suprême pour la première fois de l’histoire du magazine rap américain. Et encore de nos jours, Illmatic demeure une référence en matière de Hip-Hop, tous les critiques et les magasines vous le diront. Personne n’imaginait à cet instant, pas même ses auteurs, que ces dix-titres allaient signifier un modèle d’art et de perfection à tous les égards.
Grâce à Doctor’s Advocate
Aussi incroyable que cela puisse paraître, Nas a reçu le soutien de beaucoup d’artistes rap dans sa démarche de vouloir briser des interdits imposés par la censure, tandis que d’autres n’y voyaient là qu’un coup marketing. Le défi maintenant était de pouvoir sortir ce disque avec cet intitulé qui fait frémir les Etats-Unis. Connaissant les aptitudes innées de Nas en matière d’écriture et de créativité, je me suis dit en attendant sa sortie qu’il fallait simplement lui faire confiance sur le message qu’il allait porter,