Joss Stone “Colour me free!” @@@@

Difficile de ne pas résister au charme tout anglais de Joss Stone. Si Janis Joplin avait une fille baignant dans la musique Soul depuis sa tendre enfance, ce serait elle. Dieu sait d’où vient ses prédispositions pour la chanson, qui fait qu’on reste scotché à chacune de ses prestations, comme subjugué par sa puissante voix.

Après le très réussi Introducing Joss Stone produit par Raphael Saadiq, la jeune femme poursuit son émancipation en quittant brusquement sa maison de disque lors d’un divorce houleux en lançant un « Free Me » déjà reconnu comme un standard. Lui accorder un peu de mon temps ou parler d’elle (en bien, naturellement), c’est mon côté gentleman qui ressort.

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Warren G “The G-Files” @@@1/2

Depuis la moitié des années 90 jusqu’au début des années 2000, Warren Griffin III alias Warren G a été longtemps le parrain du G Funk, le plaçant incontestablement comme un des vecteurs du son made in Westcoast, aux côtés d’autres producteurs/rappeurs de renom comme le géant Dr Dre (son demi-frère), DJ Quik ou encore Daz Dillinger.

Du mythique « Regulate » qui l’a révélé lui et Nate Dogg dans le monde entier à « Lookin’ At You » produit par Dr Dre, Warren G a constamment occupé notre champ d’écoute avec ses tubes G Funk mémorables comme « What’s Love Got To Do With It » avec Adina Howards, « Smokin’ Me Out » feat Ron Isley, « I Shot The Sheriff » et « I Want It All ».

Avec ses vieux amis Snoop et Nate Dogg, ils sortent en 2004 le très attendu album de leur groupe les 213 (le code de Long Beach dont ils sont originaires), The Hard Way, un succès indépendant certifié disque d’or aux US. C’est en indé qu’il poursuit sa carrière en publiant l’année suivante In The Mid-nite Hour qui a eu le mérite de lancer un certain Bishop Lamont (actuellement sur liste d’attente chez Aftermath Records).

Commençant à se faire doucement oublier du public consommateur de rap, le G Child édite en 2008 deux singles « Ringtone » (plus agréable que le titre laisse présager) et « Crush » feat l’amateur de vidéo de sexe amateur Ray-J, prologues de ses G Files sortis tardivement en cet Automne 2009. Mais ça tombe bien, c’est l’été indien chez nous.

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IsWhat?! “Big Appetite” @@@@

Dans les années 90, les Roots ont trouvé la formule référentielle pour allier jazz et rap. Ils sont devenus le premier groupe hip-hop à créer leurs propres productions acoustiques avec un orchestre mené par les baguettes de génie de ?uestlove. Ce qu’ont apporté ces précurseurs est une musicalité que le hip-hop ne possédait pas encore et de plus en plus de formations s’inspirèrent de cette configuration pour laisser libre court à leur imagination. Comme les IsWhat?!, le trio américain qui vient juste de sortir Big Appetite, leur nouvel album.

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“Music*All” by Black Stamp Music @@@@

Le rap français se diversifie et c’est tant mieux ! Il nous fallait une alternative au rap ghetto, au rap de rue, au rap bobo, au rap pas beau… Plus naturellement que la mode de l’autotune, la fusion Hip-Hop/Jazz est apparue comme une évidence dans le paysage français, une scène affirmée avec les Hocus Pocus, Oxmo Puccino & The Jazzbastards ou encore les Jazz Liberatorz. C’est dans cette niche florissante que le projet Music’All de Black Stamp Music s’est émancipé, une sorte de compilation sélectionnant parmi les meilleurs rappeurs de France sur des instrumentations live orchestrées par la troupe d’Illuminés Black Stamp, en pleine fièvre « Yes We Can! ».

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Zo! “…just visiting too” @@@@

just visiting tooRévélé par son maxi collector Zo! & Tigallo Love The 80s édité été 2008, Zo! propose en téléchargement sur la plateforme www.theforeignexchangemusic.com un EP de reprises de standards de la Soul et de la Funk. Une dégustation gratuite de classiques revisités, ça ne se refuse aucunement !

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Idle Warship “Party Robot” (mixtape) @@@1/2

Idle Warship est un nouveau groupe atypique formé de Talib Kweli et deux associées Res et Graph Nobel. Atypique pourquoi ? Au début je m’attendais à un style de musique hip-hop/soul, je ne connaissais pas trop cette nouvelle formation. Mais Party Robot mixée par Mick Boogie (téléchargeable gratuitement sur www.blacksmithnyc.com) m’a fait prendre compte que j’avais tout faux : Idle Warship joue la carte de l’électro à toutes les sauces possibles, jusqu’à flirter avec les limites de la pop.

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Guru 8.0 “Lost & Found” @@

guru8.0De tous les rappeurs et groupes qui ont construit le hip-hop dans les années 80 et début des années 90, beaucoup sont considérés comme des icônes et paradoxalement, très peu d’entre eux sont parvenus à conserver leur place dans le rap game. Pratiquement tous ont la quarantaine passée et dans l’esprit du public rap et de l’industrie musicale, il y a comme un âge fatidique à ne pas dépasser sous peine d’être poussé à la retraite anticipée.

Ils ont beau posséder une discographie sacrée, lorsque ces rappeurs légendaires re-sortent un disque ancré dans leur style old school pour rester authentique, on dit d’eux qu’ils sont passés de mode et ringards, et à l’inverse lorsqu’ils essaient d’être à la mode, ils passent aussi pour des vieux ringards. Certains parviennent à trouver un juste milieu comme les EPMD et Public Enemy, tant mieux. Le cas de Guru est plus délicat à traiter…

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Skyzoo “The Salvation” @@@@1/2

Paris, 2049. La culture neo-hiptronic bat son plein avec des artistes comme S.Carter Jr et Pr Dre (qui vient de sortir Bionic 2050), les petit-enfants de feu Jay-Z et Dr Dre. Dans mon holo-pod tourne aussi des vieux classiques de Kanye West qui datent des années 2000 et les albums du groupe hardcore X-terminatorz Of Human Kind que j’ai téléchargé au format .mss9 (le format de compression semi-quantique de son émo-spatialisé).

Le téléchargement gratuit est monnaie courante à notre époque grâce la légalisation d’un système de paiement ultra-simplifié révolutionnaire en vigueur depuis 2034 grâce au N3D (Nouveaux Défenseurs des Droits Digitaux) : je pose la paume de ma main contenant ma nano-puce biométrique sur l’ID-scan pour explorer en réalité virtuelle la bibliothèque de MacTunes, je choisis les chansons ou les holo-films que je veux et ils téléchargent à la vitesse de 10To/s (vive les connexions satellites) pendant que l’artiste se voit automatiquement rémunéré par l’argent des virtu-publicités. Cette fonctionnalité a sonné la mort de l’industrie du disque à l’échelle mondiale. RIP Universal-Sony.

Mon pépé arrête pas de me rabâcher que la musique hip-hop, c’était mieux avant. Il trouve ce qu’il se fait trop artificiel. C’est sûr que ça n’a rien à voir le hip-hop du 20e siècle et début du 21e avec ce qu’il se fait maintenant avec les techniques de créa-samples, qui permettent d’associer avec parcimonie des loops filtrés à l’avance dans des banques de samples en ligne, des boîtes à rythmes à pulsations et des synthétiseurs à distorsion. En plus tout le monde peut faire son propre instru maintenant depuis la promulgation de la gratuité des samples d’oeuvres datant de plus dix ans. En plus les flows actuels sont soit hyper techniques, on rappe un peu comme des robots, soit abstract et ça ressemble à des récitations pleines de néologismes. Et les artistes qui marchent le mieux sont ceux qui ont le plus de connexions et les plus grosses communautés de net-fans.

C’était bien plus archaïque le hip-hop d’avant dans les méthodes de productions et les flows étaient plus fluides. Mais je respecte le hip-hop et l’électronica comme mon grand-père était fana de rap et adorait le jazz, la soul et la funk en son temps. Il m’arrive de lire ses rétrospectives pour ma culture personnelle. Un jour j’ai lu un article qui date de 2027 et qui s’intitulait ‘Le renouveau du rap new-yorkais à la fin des années 2000′ et dedans ça parlait de The Salvation de Skyzoo, que je connaissais pas du tout. Puisque je suis en parti d’accord avec ce qu’il dit (malgré le fait que j’ai eu du mal à m’habituer à la qualité sonore), j’ai recopié ce qu’il y écrivait dessus.

“Retour à une période où le hip-hop sortait d’une période de léthargie, une décennie avant que ce mouvement fusionne avec l’électro pour engendrer le son hiptronic actuel, qui contient une multitude de sous-genres comme l’électro-hop (pré-existant au début du nouveau millénaire), du hiptronic soul, l’écolo-hop (issue des camps de réfugiés climatiques), de la basstronic et japster hop.”

“Je parle de cette époque où les graffitis n’étaient pas encore phospho-luminescents, où le sampling était manuel, les scratches se faisaient encore sur de vrais vinyles, les rappeurs étaient signés sur des labels, ils rappaient de manière moins mécanique, et où le bling-bling (très ringard quand on y repense) était à la mode, le hipster-hop n’avait pas encore explosé, le son était stéréo, et où on ne stockait que 8Go de musique dans des antiques iPod aux minuscules écrans tactiles. [...] Tout ça paraît tellement dérisoire en ce moment mais à l’époque c’était comme ça, et à mon humble avis, le rap sonnait tellement plus ‘vrai’, plus rentre-dedans, plus spontané, malgré toutes les merdes qui sortaient.”

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Shafiq “En’A-Free-Ka” @@@@

Les Sa-Ra Creative Partner sont plus qu’un groupe d’artistes psychédéliques, marginaux et visionnaires, ils représentent bien plus que ça : c’est carrément un genre de musique à eux tout seuls. Et quand un des membres s’aventure en solo sur le continent Africain, il en résulte cette curiosité qu’est Shafiq En’A-Free-Ka (édité chez Rapster Records). Shafiq Husayn nous partage en musique sa vision très personnelle de son voyage comme si l’on découvrait des terres encore inexplorées.

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Fat Joe “J.O.S.E.2″ @1/2

Certains auditeurs de rap cainri ont raison de penser que la qualité du rap eastcoast est tirée par le bas si on étudie la question de Fat Joe. Celui qui dans les années 90 a lancé la carrière de Big Pun et qui fut un des piliers du D.I.T.C. n’est plus que l’ombre de lui-même à l’heure où je vous parle.

La sortie de J.O.S.E. 2 permet de faire le point depuis son prédécesseur Jalous Ones Still Envy qui nous ramène huit ans en arrière, période où Fat Joe était au top de sa carrière. En effet, J.O.S.E. premier du nom (dont sont extraits les tubes « What’s Luv » avec Ja Rule & Ashanti et « We Thuggin » feat R Kelly) s’est officiellement vendu à plus d’un million d’exemplaires au pays de l’Oncle Sam. C’est après que sa cote de popularité a dégringolé proportionnellement à ses scores de vente… jusqu’à atteindre le fond avec ce grotesque J.O.S.E. 2. Comment a-t-il pu tomber si bas ? Analyse.

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Saigon “Warning Shots 2″ @@@

Bon et ben… c’est pas demain la veille qu’on verra The Greatest Story Ever Told dans les bacs. Faute de mieux, faudra se contenter de ce street-album Warning Shots 2, le premier CD de Saigon depuis… bah Warning Shots sorti en 2005. Hmmm, s’il n’y a que ça à se mettre sous la dent, on se contentera pour l’instant de ce second pré-album de ce newcomer de longue durée dont l’issue paraît de plus en plus incertaine.

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Mariah Carey “Memoirs of an Imperfect Angel” @@@

Princesse Mariah, chapitre XII, Mémoires d’un ange imparfait.

Mariah Carey file désormais le bonheur parfait avec son prince charmant Nick Cannon. A bientôt 40 ans, la diva est en super(s) forme(s) et généreuse comme elle est par nature, elle aime le montrer en couverture. Vraiment si parfait ce bonheur ? Non, Mariah a vécu moult tourments dans sa vie qui l’a rend imparfaite. Comme c’est malheureux… Mariah est aussi soucieuse de conserver sa jeunesse et compte sur ses valets The-Dream & Tricky Stewart et James Wright pour que sa musique r&b de luxe ne prenne pas une ride.

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Ghostface Killah presents Ghostdini “The Wizard of Poetry in Emerald City” @@@@

Hey yo, what up son ? Alors qu’on vient tout juste de quitter Tony Starks en featuring sur Only Built 4 Cuban Linx 2, on retrouve Ghostface sous son autre blase de Ghostdeini sur son nouvel LP chez Def Jam, Wizard of Poetry in Emerald City (le titre en version longue). En version courte, ça donne Wizard of Poetry, un album conceptuel qui se veut tendancieusement r&b soulful. Le long de sa carrière, Ghost a bien souvent relaté ses relations avec la gente féminine en les traitant comme il se doit. De là à leur consacrer douze tracks, cette galanterie paraît toute naturelle.

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M.O.P. “The Foundation” @@@1/2

Quatre cafés d’ingurgités et j’ai encore la tête dans le cul. Ben tiens, je vais me passer le dernier M.O.P. pour me donner un coup de pied au cul. Neuf ans qu’on attendait un VRAI skeud du duo le plus hardcore de la banlieue de Brooklyn. Putain ça remonte à loin Warriorz quand on y pense, grosse pièce du boucher ça ! Le bordel monstre qu’avait causé « Ante Up » et son remix, « Cold As Ice », des classiques qui font toujours mal à notre époque. Beaucoup de nostalgie quand j’y repense.

Billy Danze et Lil Fame reviennent de loin, c’est le moins que l’on puisse dire. Depuis 2001, ils ont fait des choix qui n’ont abouti à RIEN : un passage chez Roc A Fella, la fin de l’entente Jigga/Dame a été synonyme de brisure de contrat, puis une signature chez G Unit vivement décriée par les puristes, d’autant que Interscope ne prévoyait pas de sortir leur disque avant perpet’. Deux occasions manquées, double manque de bol. Les seuls trucs qu’on a pu se mettre sous la dent sont quelques featurings (ce qui n’a pas ménagé ma patience) et des pseudo-albums réchauffés (Mash Out Posse, St Marxmen et le faux-bootleg Ghetto Warfare). Le régime sec. Alors quand j’apprends que Foundation est leur premier officiel officiel de ce troisième millénaire, je saute sur l’occase comme un chien devant son os à moelle. Et là, deux sons de cloches. Fuck, mon crédo est de faire mon propre avis sur la chose.

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Wax Tailor “In The Mood For Life” @@@@1/2

Qui a dit que la musique n’était que des vibrations dans l’air ? Le français Wax Tailor a su donner une nouvelle dimension à la musique trip-hop avec son premier chef d’oeuvre Tales of the Forgotten Melodies. Ce bricoleur de génie a inventé – en quelque sorte – ce que l’on surnomme du “abstract hip-hop cinématographique”.

L’adaptation sur scène de ses compositions est des plus spectaculaires car il développe cette expérience artistique en présentant des vidéo-mix pour créer de véritables show sons & images. In The Mood For Life, le titre de son troisième film musical, est un événement en soi, un peu comme la sortie d’un nouveau long-métrage d’un éminent réalisateur de film indépendant.

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